Changement climatique constitue risque investissement

Changement climatique constitue risque investissement

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Le changement climatique constitue un important risque d’investissement

  • 11 Juin 2015
  • Belgique, Bruxelles

Le changement climatique menace le rendement des investisseurs. Une nouvelle étude de Mercer sur l’impact du changement climatique sur les investissements révèle sans ambigüité que les investisseurs doivent revoir la composition et les risques de leurs portefeuilles. Le rapport montre que la meilleure façon pour les investisseurs de gérer ces derniers est de prendre en compte le changement climatique dans leur modèle de risque. Pour la plupart, cela demande un changement de comportement considérable.  

L’étude, Investing in a time of climate change, qui a démarré en septembre de l’an dernier, décrit les actions devant être entreprises par les investisseurs pour gérer le risque de baisse dû au changement climatique et montre quelles classes d’actifs peuvent en profiter. Dans le rapport de Mercer, les modèles d’investissement évaluent l’impact potentiel du changement climatique sur le rendement des portefeuilles, les catégories d’investissements et les secteurs entre 2015 et 2050, en s’appuyant sur quatre scénarios climatiques et quatre facteurs de risques climatiques. Les quatre scénarios se basent sur une hausse de la température mondiale de 2°C, 3°C ou deux variantes de 4°C par rapport à la période avant la révolution industrielle.

Les principales conclusions sont les suivantes:

  • Le changement climatique est aussi bien synonyme de pertes que de bénéfices pour les investisseurs.
    En prévoyant les conséquences du changement climatique sur le rendement, il est essentiel que les investisseurs entreprennent des actions visant à comprendre et à minimiser les risques, ainsi qu’à maximiser la valeur en termes de catégorie d’actifs, de secteur et de portefeuille.

  • Le risque majeur se situe au niveau sectoriel.
    C’est au niveau sectoriel que les différences de rendement sont les plus importantes. En fonction du scénario, le rendement annuel peut par exemple baisser de 18 % à 74 % dans le secteur du charbon pour les 35 prochaines années, et de 26 % à 138 % pour les 10 prochaines années. Les fonds de pension, par exemple aux Pays-Bas, sont soumis à une pression croissante pour revoir les investissements dans les énergies fossiles. Les investisseurs doivent dès lors également agir. Le secteur de l’énergie durable peut s’attendre à une croissance annuelle moyenne du rendement comprise entre 6 % et 54 % sur 35 ans ou 4 % et 97 % sur 10 ans.
     
  • Les conséquences peuvent être substantielles pour les catégories d’investissements, mais diffèrent considérablement par scénario de changement climatique.
    Les investissements de type « growth », comme les actions, sont plus sensibles aux scénarios de changement climatique que les investissements défensifs, comme les obligations. Les actions dans les marchés émergents, l’infrastructure, l’immobilier, le bois et l’agriculture profitent d’un scénario dans lequel la température augmente de 2°C. En revanche, un scénario dans lequel la température augmente de 4°C peut conduire à un rendement négatif de ces mêmes catégories d’investissements. 

     
  • Le scénario d’une hausse de 2°C n’a aucune conséquence négative sur le rendement pour les investisseurs se diversifiant sur le long terme, jusqu’en 2050. L’on s’attend à ce qu’ils aient ainsi mieux protégé leur rendement pour la suite.


Jane Ambachtsheer, directeur de Mercer Responsible Investments Global: «Il est incroyablement difficile, pour les investisseurs, de quantifier les conséquences d’une matière aussi complexe que le changement climatique. Et c’est là que le bât blesse également pour les marchés: bien souvent, les changements dans l’environnement – surtout les changements à long terme sur une période étendue – ne sont pas calculés jusqu’à ce qu’il soit presque trop tard. Dans le rapport, nous répondons autant que possible à la question qui peut se résumer en ‘et quoi maintenant?’. De cette façon, les investisseurs ont en tout cas les cartes en main pour soumettre leur portefeuille à une analyse approfondie et pour s’armer contre l’incertitude

Jane Ambachtsheer est également convaincue que le rapport peut servir de mode d’emploi pour élaborer un plan d’action concret. «Qu’il s’agisse de fixer des objectifs de décarbonisation pour le portefeuille, d’investir dans des solutions pour les risques et les opportunités avancés, ou d’accroître l’engagement des managers et des entreprises, notre rapport permet aux investisseurs de voir comment ils peuvent agir. De même, la collaboration avec les politiciens revêt une importance cruciale et permet aux investisseurs d’évoluer dans leur rôle d’acteurs du futur.»

Le Directeur des Investissements Actions et Taux de Mercer, Russell Clarke, a complété en ajoutant que, en termes de construction de portefeuille, « cette étude nous permet de mieux naviguer face à ce qui s’annonce avec le changement climatique, qu’il s’agisse de phénomènes structurels ou de phénomènes systémiques. Nous pensons qu’il est question d’un risque potentiellement important, et que les investisseurs doivent en être conscients et en capacité d’agir en étroite collaboration avec leurs gérants délégataires. ».

Le Directeur Changement Climatique au sein de l’IFC, Christian Grossman, a commenté de son côté : « Cette nouvelle étude menée par Mercer ne pouvait être plus opportune avec la perspective de la conférence Paris Climat 2015, dans le cadre de la convention-cadre des Nations-Unies.

En cette période d’évolution climatique, cette étude peut aider les investisseurs à gérer l’incertitude en leur indiquant comment mesurer leur exposition au risque et comment améliorer la résistance de leurs portefeuilles. Elle permet également d’envoyer un message clair aux responsables politiques : avancer sur les dispositions visant à donner un prix au carbone sera une première étape importante dans la transition vers une économie bas-carbone ».

D’autres partenaires du secteur de l’investissement ont apporté un commentaire sur leur implication dans le projet :

Karsten Löffler, Dirigeant, Allianz Climate Solutions GmbH
« L’approche à la fois multi-scénarios et prospective de cette étude la rend unique. Les investisseurs pourraient par exemple aborder l’optimisation de leur allocation à partir du scénario qui leur semble le plus probable, se donnant les moyens d’atténuer le risque et de préserver leurs rendements financiers. » - Brian Rice, Gérant de Portefeuille, CalSTRS

Brian Rice, Gérant de Portefeuille, CalSTRS
« L’approche à la fois multi-scénarios et prospective de cette étude la rend unique. Les investisseurs pourraient par exemple aborder l’optimisation de leur allocation à partir du scénario qui leur semble le plus probable, se donnant les moyens d’atténuer le risque et de préserver leurs rendements financiers. »

Edward Mason, Directeur de l’Investissement Responsable, Church Commissioners for England
« Les Instances Financières Nationales de l’Eglise d’Angleterre ont adopté une politique reconnaissant qu’en matière de changement climatique les questions éthiques posées sont pressantes, avec des implications financières importantes. Dans notre politique, nous déclarons vouloir être au premier rang des investisseurs institutionnels souhaitant répondre au défi de la transition vers une économie bas-carbone. Notre participation à cette étude nous a permis de mieux appréhender les implications financières du changement climatique et de voir comment, en tant qu’investisseur travaillant avec les autres, nous pouvons aider à ce que des changements climatiques néfastes puissent être évités. »

Kristian Fok, Responsable Stratégie d’Investissement, Cbus
« Cbus voit dans le changement climatique une question sérieuse posée pour notre stratégie d’investissement à long terme. Nous croyons que notre participation à cette étude nous donne une meilleure information sur la nature des effets que le changement climatique est susceptible d’avoir sur nos investissements, et nous permet de mieux nous préparer aux défis qui nous attendent. » 

Dawn Turner, Responsable Gestion Fonds de Pension, EAPF
« En tant qu’investisseur de long terme, le Fonds de Pension Actif de l’Agence de l’Environnement reconnaît que le changement climatique pose un risque financier réel. Nous avions intégré les résultats de la précédente étude Mercer dans l’établissement de la stratégie d’investissement actuelle du Fonds, et participer à la nouvelle étude nous permet d’approfondir notre approche actuelle pour la gestion du risque climatique. En adoptant une allocation stratégique d’actifs robuste intégrant à la fois la dimension risque et les opportunités liées au changement climatique, nous continuerons à agir dans le meilleur intérêt à long terme de nos bénéficiaires. »
 
Mikael Angberg, Directeur des Investissements, AP1
« Les résultats de l’étude 2011 sur le changement climatique à laquelle nous avions participé avaient montré que le changement climatique pouvait avoir des effets importants sur notre portefeuille d’investissement. C’est donc naturellement que nous avons participé à la nouvelle étude pour approfondir nos connaissances, améliorer nos méthodes et notre gestion du risque face au changement climatique. » 
 
Adrian Orr, Directeur Général, NZ Super
« Comme investisseur de long terme, intergénérationnel, nous nous devons de comprendre les risques d’investissement et les opportunités associés au changement climatique. Cette étude nous aidera à calibrer nos stratégies d’investissement en conséquence. » 

Damian Graham, Directeur des Investissements, State Super Financial Services
« State Super Financial Services reconnait l’importance de comprendre les risques liés au changement climatique pour nos portefeuilles d’investissement et nous avons perçu cette étude comme une opportunité d’atteindre cet objectif et de développer davantage notre approche ESG au bénéfice de nos clients. »

Thomas P. DiNapoli, Contrôleur chez New York State, Administrateur du New York State Common Retirement Fund
« Le changement climatique pousse les investisseurs du 21ème siècle à revoir leur compréhension des risques économiques et financiers. Cette étude offre au New York Common Retirement Fund des informations de grande valeur qui nous permettront de mieux gérer le risque climatique et de construire notre portefeuille dans un sens qui protège, voire améliore nos rendements financiers. » 

David Nussbaum, Dirigeant, WWF-UK.
« Ce rapport met en évidence le fait que les investisseurs devraient non seulement mieux appréhender les risques liés au changement climatique, mais également pouvoir saisir les opportunités. Nous nous acheminons vers un futur bas-carbone en laissant derrière nous une situation de statu quo intenable. Il faut investir pour accélérer cette tendance inévitable et ceux qui sont en avance, le rapport l’indique clairement, peuvent finalement mieux protéger leur trajectoire financière. Il est temps pour nous de nous assurer que nos investissements sont bien positionnés pour le long terme, financièrement et pour sauver notre précieuse planète. » 

David Nussbaum, Dirigeant, WWF-UK.
« Les investisseurs institutionnels ont besoin d’une approche pragmatique pour que leur allocation d’actifs reflète correctement les risques et opportunités liés au climat. Alors que le réchauffement climatique est un fait, nous sommes face à une énorme incertitude sur les prochaines années en ce qui concerne les réponses politiques et les impacts financiers, ainsi que la façon dont ces questions seront comprises. L’étude Mercer est un pas important vers l’intégration de la démarche scientifique et des évolutions réglementaires dans les processus d’investissement. Elle pourrait faire partie de la boîte à outils standard pour la détermination de l’allocation stratégique d’actifs.» 

À propos du rapport

Sur la base des résultats, le rapport offre aux investisseurs une espèce de mode d’emploi pour couvrir les risques et reconnaître les opportunités. Le rapport s’appuie sur les résultats d’un projet d’étude de septembre 2014, et a été présenté à Londres le 4 juin 2015, à temps pour les négociations sur les nouveaux objectifs climatiques mondiaux fin 2015 à Paris.


Pour mettre au point ce rapport, Mercer a collaboré avec 16 partenaires dans les investissements qui, ensemble, sont responsables de 1,5 trillion USD. Le projet a été développé en collaboration avec l’IFC, la branche privée du Groupe de la Banque mondiale, le Ministère fédéral allemand de la Collaboration économique et du Développement, et le Département britannique pour le Développement international (DFID). L’étude a également été soutenue par NERA Economic Consulting et GUY Carpenter, des entreprises sœurs de Mercer, et l’input de treize membres de groupes consultatifs. 

À propos de Mercer

Mercer est l’un des leaders fournisseurs mondiaux en matière de conseil en talents, santé, pensions et investissements. Les consultants de Mercer aident leurs clients à résoudre leurs problèmes les plus complexes en matière de conditions de travail et de capital humain par le développement et la gestion de programmes de santé, de retraite et d’avantages extralégaux. Mercer emploie 20.000 collaborateurs et est présent dans plus de 40 pays. Mercer est une filiale à part entière de Marsh & McLennan Companies Inc.(NYSE : MMC). Marsh & McLennan Companies occupe 57.000 collaborateurs dans le monde et un chiffre d’affaires de plus de 13 milliards de dollars et est également la maison-mère de Marsh, un leader des assurances et de la gestion du risque, de Guy Carpenter, un leader dans la gestion du risque et les services de réassurance interpersonnelle et d’Oliver Wyman, un leader de la consultance.


 

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